Les dessous du bras de fer sur le lait

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La mafia du lait acculée

La rue algérienne suit de près l’évolution du dossier du lait, et la détermination de l’Etat à maintenir son rôle de régulateur, synonyme de premiers jalons de l’édification d’une nouvelle république débarrassée de la main basse d’El Isaba, l’Etat profond.

Le rôle régulateur de l’Etat

Le ministre du Commerce Kamel Rezig, ne fait qu’exercer son droit de régulateur de l’activité commerciale, et de défenseur du pouvoir d’achat du citoyen, il n’en demeure que cette détermination à appliquer la loi, ne fait pas réjouir un lobby, qui a pris en otage le ventre des algérien au même titre que les perspectives du pays à sortir de l’informel vers un commerce transparent, dirigé par un arsenal juridique garantissant les droits des producteurs et des consommateurs, en plus de cet Etat social tant défendu par le peuple algérien. Il est d’ailleurs injuste de voir les subventions accordées par l’Eta, profitent aux nantis au détriment de la classe démunie, précaire et vulnérable. Pour ce qui est du dossier  du lait, il faut revenir à des décennies en arrière, et cette mort programmée des centrales laitières relevant du secteur public, comme c’est le cas pour la CLO d’Oran qui faisait la fierté de toute la région de l’Ouest du pays, au profit d’un lobby lié à l’Etat profond, bien soutenu par la complaisance de l’administration centrale, et des ramifications tissées autour de la distribution.

La facture salée de la poudre du lait

Evoquer la poudre du lait et son importation chiffrée à des centaines de millions de dollars, c’est évoquer la filiale de Giplait la Milk Trade, qui importera pour le compte des centrales laitières publiques cette matière indispensable à la production.
Sur ce registre, il faut noter qu’à l’époque, où la tonne de la poudre du lait de très bonne qualité était cédée au marché international à 1750 dollars, nos responsables facturaient la tonne de mauvaise qualité importée d’Ukraine et de la Pologne (risques de contamination liés à la catastrophe de Chernobyl) à 2350 dollars, sans être inquiétés outre-mesure.

Les faux arguments sur l’élevage

A cette période, plusieurs experts patriotiques appelaient les pouvoirs publics à importer les vaches pleines pour des opérations d’élevage dans les Hauts Plateaux et les régions steppiques du pays, en vue d’assurer une autosuffisance en matière de lait, sans recourir à l’importation de la poudre et l’autosuffisance en viande bovine, en plus de la promotion de l’activité de la tannerie. Les faux arguments évoqués par les lobbys de l’import-import et l’économie de bazar, sont les conditions climatiques défavorables à l’élevage. Des arguments qui ne tiennent pas la corde puisque l’Egypte, un pays aux conditions plus que défavorables par rapport à l’Algérie, ont réussi dans une période ne dépassant pas les quatre ans, à garantir au peuple égyptien, une autosuffisance en lait.

Le scandale de Panama Papers

Selon les documents de « Panama Papers » révélés par le journal allemand Süddeutsche Zeitung et le consortium international des journalistes d’investigation ICIJ, l’importation de la poudre du lait a généré des fortunes colossales à certains individus liés à El Isaba, et qui à travers des sociétés Offshore et des sociétés-écrans avaient  réussi à gonfler les factures.
Les individus en question étaient liés au célèbre cabinet panaméen Mossack Fonseca achetaient de la poudre au prix du marché en Ukraine avant de la revendre en Algérie, à un prix élevé sans être interrogés  outre mesure

Lait, l’aliment de base des algériens

L’Etat algérien subventionne  à coups de centaines de millions de dollars le lait l’un des aliments de base des algériens, dont la consommation est en perpétuelle évolution, ce qui nécessite une gestion efficiente du dossier utilisé par certains à des fins politiciennes. Le dispositif mis en place par les différents gouvernements a favorisé les surfacturations .il permet facilement aux prédateurs de manipuler les prix. A titre d’exemple, les documents de Mossack Fonseca  révélés par le scandale Panama Papers, font apparaître 12 opérations effectuées entre 2007 et 2009, par une entreprise dénommée Liko, pour un total de 4080 tonnes de poudre de lait, pour une valeur  de 22 million de dollars, soit 5400 dollars la tonne, le double du marché international en 2009. Certains prédateurs, bénéficient, il faut bien le souligner, des avantages fiscaux et parafiscaux accordés par l’Etat algérien, via les différents dispositifs mis en place pour la promotion des investissements, comme l’ANDI. A l’Etat de revoir, la gestion de ce dossier, en favorisant en premier lieu l’intérêt national et la consolidation du pouvoir d’achat du citoyen