Libérez mon coq emprisonné !

Coq
Le Coq et la mauvaise intention

IL y a une semaine, un sexagénaire a publié une vidéo prétendant que son “animal a été arrêté par la police après une plainte de l’ambassade d’Italie en Algérie”. Depuis, l’affaire du coq agite l’opinion publique algérienne.

Habitant le quartier chic d’El Biar à Alger, l’homme a fait savoir que cinq membres de la police se sont rendus à son domicile pour l’informer de la plainte déposée par la diplomatie italienne contre les cris de son coq avant d’arrêter l’animal”.

Le propriétaire du coq a souligné dans la vidéo, qui s’est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, qu’il ne l’a plus revu depuis le jour de son arrestation par la police, alors que toutes ses tentatives pour connaître le sort de son animal ont échoué.

“Je ne sais pas s’il se trouve à la prison d’el Harrach (située à l’est de la capitale)”, a-t-il ironisé en référence à la prison où des ministres et des hommes d’affaires, en relation avec l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, sont emprisonnés pour corruption.

Dans la vidéo devenue virale sur le web, le sexagénaire demande aux autorités de lui remettre son coq qu’il ne retrouve plus, même après s’être rendu au siège des forces de l’ordre. “Rendez moi mon coq, il a laissé sept poussins et poulets sans soutien parental”, a-t-il déclaré sur un ton satirique.

Quelques minutes après sa publication sur Facebook, la vidéo a été partagée en masse sur les autres réseaux sociaux et plateformes, notamment, YouTube et Twitter avec des millions de vues et de milliers de commentaires satiriques.

Alors que le journaliste algérien Marouane El Ounas a écrit sur son compte Facebook que « l’organisation des coqs sans frontières appelle l’Algérie à libérer le coq emprisonné et à respecter le droit à la » coexistence”, le site satirique algérien “El Manchar” a annoncé que “le coq d’El Biar, arrêté en raison des inconvénients de la diplomatie italienne, sera traduit devant le procureur de la capitale”.

“Libérez le coq” et “les cris du coq ne sont pas un crime”, figuraient parmi les hashtag utilisés par les Algériens. Les internautes ont multiplié les commentaires sarcastiques au sujet du prétendu coq arrêté par la police algérienne. L’affaire est devenue même la source de blagues dans les cafés, les places et même les transports publics.

D’ailleurs, dans les récents rassemblements populaires, des appels satiriques ont été lancés pour la libération du coq arrêté par la police. Des bannières ont été aussi brandies lors du “Harak” (mouvement populaire).

En effet, l’affaire a été également diffusée par les médias locaux et les médias étrangers, tels que Russia Today et BBC Arabic, sur les journaux, les sites d’information et les chaînes d’information.

Sous couvert d’anonymat, un diplomate italien à l’ambassade de Rome en Algérie a affirmé, à Anadolu, que l’incident n’était pas du tout lié aux activités de l’ambassade et de ses équipes, mais serait lié à un problème de voisinage. Toutefois, “l’affaire du coq” est devenue amusante et agréable, en particulier sur les réseaux sociaux”, a-t-il estimé.

De son côté, la police algérienne a commenté, pour la première fois, l’affaire, mardi 11 février. Dans un communiqué rendu public, la Direction générale de la sécurité nationale a expliqué que l’incident remonte à Mars 2017.

“Les services de sécurité se sont rendus au domicile de la personne concernée après une plainte déposée par l’un des citoyens faisant état qu’un des voisins élevait un coq chez lui et causant beaucoup de bruit et de gêne et le propriétaire de l’animal s’était engagé à résoudre le problème”, a rapporté le communiqué.

Le service de police algérien a confirmé que le contenu de la vidéo est infondé car les membres des forces de l’ordre ne s’étaient jamais entrés au domicile du sexagénaire et n’avaient pas arrêter le coq.

Il est à noter que l’homme sur la vidéo polémique a été convoqué par la police. Il a assuré avoir été filmé par son voisin qui a ensuite publié la vidéo rien que pour plaisanter.