Effondrement des prix du pétrole: Une chance historique pour l’Algérie

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Effondrement des prix du pétrole: Une chance pour l'Algérie

Par Djamal YALAOUI

Avocat au barreau de Paris et Correspondant associé au barreau d’Oran

 Cet article est la suite de celui qui a traité de la souveraineté financière de l’Algérie et de ses rapports avec le FMI-Banque Mondiale. Il y aura un troisième article qui aura pour thème l’indépendance alimentaire et un dernier sur le capital humain : les quatre points cardinaux de la souveraineté algérienne)

La politique est comme la vie : chacun porte sa mauvaise conscience en fonction de ses actes. Mais il ne faudrait pas qu’elle devienne l’endroit privilégié où se niche les remords.

Aujourd’hui, nous vivons une période extraordinaire ou l’Histoire s’écrit en direct sous nos yeux et peu de personnes ont suffisamment de recul pour pouvoir observer les réelles déplacements et conséquences de la « tectonique des plaques économiques ».

Le pétrole qui fait tourner le manège du monde économique est un élément, fondamental, de ce changement de paradigme.

Les prix du pétrole ont commencé à baisser dès le mois de janvier avec l’arrivée de la pandémie du coronavirus, en provenance de Chine. Ils se sont effondrés à partir du 6 mars 2020. Cette baisse est plus ou moins marquée selon qu’il s’agisse du Brent (le brut de la mer du Nord, dont le marché est à Londres) ou du WTI (West Texas Intermediate, dont la cotation s’effectue à New York). Les prix du WTI sont mêmes passés en dessous de zéro pour la première fois de l’histoire, les 20 et 21 avril 2020 pour les livraisons de mai. On a même vu des choses qui tenaient davantage du domaine de la science-fiction que du monde réel : les investisseurs et spéculateurs étaient prêts à payer, les acheteurs, pour s’en débarrasser faute de pouvoir le stocker, même les bateaux tankers étaient plein comme des œufs frais

Début mars 2020, le baril de Brent était à plus de 50$. Au 30 mai 2020 il a atteint pour le Brent 35$ et pour le WTI 33$.

Cet effondrement, évidemment, est en majeur partie le résultat de l’arrêt de l’économie mondiale du fait de la pandémie de coronavirus mais pas seulement. 

La crise mondiale qui est latente depuis que les taux d’intérêts sont devenus négatifs (90% des banques occidentales devraient être en liquidation judiciaire, si les Etats-Unis n’avaient pas le dollar qui demeure la monnaie de référence des échanges internationaux, et leurs caniches européens n’avaient pas les deux pieds et les deux mains sur le continent africain) a engendré une forte baisse de la demande mais paradoxalement l’offre a augmenté. 

Clap de fin pour l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) devenue une coquille vide depuis que les SAOUD (seul pays au monde ou le nom du pays est aussi le nom de la famille royale, aux pieds sales : l’Arabie Saoudite), affidés de Satan et allié d’Israêl contre les pays arabes (Syrie, Yemen, Lybie, Palestine, Irak, Liban, Algérie…Et les perses d’Iran). Désormais, c’est chacun pour soi et Dieu pour personne : la diplomatie pétrolière, aussi, est morte de sa belle mort !

Les choses ont le mérite d’être, désormais, claires

Cependant, mon propos est à relativiser, car les enjeux sur le pétrole ne se jouent pas spécialement en Arabie Saoudite, aux USA ou en Russie mais en Suisse et aux Pays-Bas. On s’intéresse trop fortement et à tord aux producteurs sur le marché des matières premières, d’autant que pour le pétrole on a à faire à un cartel : VITOL, GLENCORE, TRAFIGURA, MERCURIA et GUNVOR. La réponse que beaucoup cherchent, est qu’elle est la stratégie de ce cartel, car c’est le négoce qui décide du prix, au travers de la stratégie établie et mise en œuvre. Vous ajoutez à tout cela, qu’il est fort probable que les négociants s’entendent entre eux, lorsque les risques augmentent comme en période de crise, et on obtient un marché entièrement contrôlé.

La volatilité actuelle sur ce marché entraîne l’effondrement des fonds spéculatifs à travers le monde qui se sont endettés avec des leviers massifs (par l’utilisation de produits dérivés) et qui impactent de nombreuses banques. Les grandes banques françaises vont souffrir et l’épargne des français risque de faire l’objet d’un « braquage légale »au nom de la patrie qui doit rembourser une dette qui ne repose sur aucune création de richesse mais uniquement en faisant tourner la planche à billets. Aujourd’hui c’est des lignes de crédit virtuel : un clic et vous créer 1000 milliards d’euros, mais le peuple esclave doit rembourser en valeur travail !!

C’est l’économie libérale, c’est beau comme l’escroquerie avant qu’on ne la découvre et leur démocratie c’est 25% du corps électoral qui continue à aller voter comme des moutons de Panurge !

Et l’Algérie, elle se situe ou dans ce capharnaûm qu’est devenue le marché des hydrocarbures ?

A première vue, et donc en apparence, selon les experts économiques du système qui nous poussent vers le gouffre du chaos, leur diagnostic est sans appel ni nuance, sec comme un coup de trique : en 2040 le pétrole sera tari en Algérie (et 2070 pour le gaz) !

L’Algérie détient environ 3% des réserves mondiales, prouvées, de gaz naturel et environ 2% pour le pétrole. Si pour l’ensemble des observateurs tout n’est pas gagné pour l’Algérie nous élevons le débat en déclarant que rien n’est perdu depuis que BOUTEFLIKA dit « la momie » et ses porteurs de valises pleine de billets ont été « neutralisés » selon l’expression consacré en matière de terrorisme.

Pour rappel, la modification de la loi sur le pétrole dans les années 2000 avait donné lieu à une volte-face de BOouteflika (le grand ami des américains et des français) qui avait ouvert grande les portes des trésors du sous-sol national à l’insatiable oncle SAMUEL, avant de faire marche arrière sous la pression médiatico-politique. 

Il est indéniable que l’Algérie a besoin de partenaires et d’investisseurs qui pourront réaliser une partie des infrastructures nécessaires pour prolonger la production de gaz et de pétrole. L’Algérie n’est plus en capacité de faire face, seule, à des investissements nationaux colossaux compte tenu du déficit public.

 C’est un exercice très délicat car il s’agit de la souveraineté algérienne sur ses sols et sous-sols. Les BEATLES chantaient « Love is not easy game to play », avec l’Algérie c’est du pareil au même! L’art de l’équilibre ne s’improvise pas.

Le Président Abdelmajid TEBBOUNE, en totale rupture avec son prédécesseur, semble avoir trouvé la formule adéquate qui permette de conserver la souveraineté algérienne, intacte, tout en se liant avec un pays ami de longue date et seconde puissance militaire mondiale, la Russie. C’est ainsi que le groupe algérien SONTRACH (première société africaine douzième groupe pétrolier mondial, 30% du PNB algérien et 120.000 employés avec ses filiales) et le russe Vagit Alekperov PDG de LUKOIL (l’une des plus grandes sociétés pétrolières et gazières cotées en bourse) ont signé un mémorandum d’entente pour s’associer en Algérie aux fins « d’investir conjointement dans des opérations d’exploration et de production d’hydrocarbures ». Il est, également, question d’examiner les opportunités de prospection à l’international.

Le Sahara  est le plus grand désert du monde et l’Algérie en possède la plus grande partie sur les 10 pays qui se le partagent. 

Le désert c’est l’endroit ou l’on récolte le pétrole. Mais le pétrole est un champ magnétique qui attirent les révolutions colorées et/ou les armées d’invasions. L’Algérie est encerclée de vautours et de charognards qui n’attendent que l’occasion pour nous envahir : à l’ouest le Maroc qui rêve de récupérer des territoires comme on rêve aux paradis perdus, à l’est la Turquie s’est installé en Lybie et devient le cheval de Troie de l’oncle SAMUEL (la Turquie fait partie de l’OTAN) et au sud la France a positionné ses troupes LGBTQ au nord du Mali. Je ne parle même pas de certains kabyles qui ont leur entrée à l’ONU et qui sont prêt a réitéré les crimes qu’ils ont commis avec le colon français pendant la guerre d’indépendance : ils n’ont rien oublié et rien appris !! Ce sont des « harkis modernes ».

Nous dansons, donc, sur un volcan.

Aussi, le Président Tebboune en fin stratège a fait d’ »une pierre deux coups » : Les relations étroites entretenue avec la Russie vont empêcher l’oncle SAMUEL de mener une aventure périlleuse en Algérie et l’association entre SONATRACH et LUKOIL vont pérenniser le développement de la production et de son contrôle.

« Le pétrole est une ressource inépuisable qui va se faire de plus en plus rare » : celui qui maitrise le pétrole contrôle les nations !

Les algériens vivent correctement, et sont mêmes privilégiés quand on se penche sur les prix des denrées alimentaires de premières nécessités, grâce au gasoil à 15 centimes et l’essence à 22 centimes. Donc, les catastrophes annoncées régulièrement par les loups tapis dans l’ombre, est un disque plus qu’usé…Ils en ont abusé ! Au surplus, si on évoque le gaz et le pétrole de schiste, l’Algérie a des réserves pour 500 ans, mais nous espérons que ce type d’exploitation destructeur des sous sols et donc des écosystèmes ne sera pas mis en œuvre, l’Algérie n’en a pas besoin.

Il n’en demeure pas moins que l’Algérie subit la malédiction de la manne pétrolière. Quand l’économie d’un pays repose que sur une seule et principale ressource à prix variable, la chute peut être vertigineuse. Même les « Saouchiens » (les Saoud d’Arabie), que feux Mouhamar Kadhafi appelait « les zéros » à cause du rond noir au sommet de leur crâne, qu’on nous avait vendu comme un peuple intelligent qui avait su investir et diversifier ses revenus, sont aujourd’hui en quasi faillite (passage de la TVA de 5% à 15%, extorsion de centaines de milliards aux riches saoudiens par le boucher Bin Salman, suppression de multiples aides au peuple, expulsion des travailleurs étrangers… ).

Quid des Rolex et Ferrari ? Quid de l’innovation scientifique ? Quid des investissements financiers ?

Ceux qu’on nous présentait comme une future puissance économique et militaire n’est qu’un nain en carton pâte qui ne doit son salut qu’aux américains et aux israeliens ! 

L’Algérie se doit de développer les énergies solaire et éolienne grâce au SAHARA,  notamment. Les besoins énergétiques du peuple algérien seraient satisfaits pour très longtemps, dans la réalisation du « Project Desertec ». Ce projet a été bloqué (pour combien de temps ?) par le lobby nucléaire français avec l’aide de BOUTEFLIKA. Ce projet est destiné à approvisionner, particulièrement une partie de l’Europe, ce qui est une menace pour le nucléaire français. 

En définitive on a assigné un rôle à l’Algérie : fournir son gaz et son pétrole au monde industrialisé et d’utiliser ses recettes a acheter ce dont elle avait besoin à l’étranger, essentiellement pour faire tourner les usines étrangères et préserver leur emploi. Recettes ou dépenses, l’argent restait dans les banques occidentales, y compris pour récompenser la corruption et payer les rétro-commissions ! 

Tout ce montage qui a duré des décennies s’est effondré avec l’arrivée du Président TEBBOUNE. C’est une opportunité historique pour l’Algérie et tous les algériens que de se retrousser les manches et de prendre leur destin en main par le travail, l’ambition et l’envie d’être une nation-locomotive et non un vulgaire wagon qui se traine…

Il est impératif de créer un tissu industriel et agricole cohérent et donc complémentaire, c’est du solide pour un pays. Le développement du secteur des services et du tourisme ne peut être qu’un accessoire et non un principal. L’Algérie ne doit pas devenir un pays défiguré par le tourisme industrielle à la marocaine ou qui perdrait ses repères et son âme au contact de populations qui n’ont pas les mêmes valeurs que NOUS. Nous avons des valeurs qui valent plus chères que tout l’argent de ce bas monde. Ne me parlez pas de « niveau de vie » ou de prétendue « modernité » qui est souvent synonyme de régression : la terre ne tourne pas autour de l’argent-soleil et de la gay pride en forme de lune ;

La reconversion ne sera pas simple mais elle est nécessaire et il faudra de la sueur, il y aura de la douleur, des larmes…Comme dans tout accouchement.

Pour autant nous ne remplacerons jamais notre spiritualité, notre souveraineté et nos valeurs par le « progrès à l’occidental », la technologie, le matérialisme. On connaît le résultat : économie casino, inégalités toujours croissantes, chômage de masse, pollution, destruction de l’environnement et de la biodiversité, course aux armes nucléaires, effondrement des valeurs morales, disparition de toute spiritualité, absence d’étique…

En échange d’une « société auto suffisante » un pays devient l’esclave soumis de quelques banquiers criminels et sans un soupçon d’humanité. Non merci !

Nous sommes un pays jeune au sens propre comme au sens figuré, population très jeune et l’Algérie est indépendante depuis moins de 60 ans (L’Etat central français existe depuis Hugues Capet soit plus de 1000 ans), et le propre de la jeunesse c’est son énergie et son imagination. L’Algérie doit imaginer et construire sa propre voie…son avenir ne se conjugue plus au futur simple mais au futur composé. Une troisième voie pour le développement, à l’aube de ce nouveau siècle, est possible : le privilège des grands pays est de donner des secousses à leur siècle. L’histoire est loin d’avoir dit son dernier mot. 

La chute des prix du pétrole doit rallumer les feux de l’intelligence du peuple algérien.

Les faiblesses de l’Algérie sont celles d’un pays fort. La seule chose que nous ayons à craindre est la crainte elle-même !

Pour « moi je » si l’on venait me dire un jour que seul un miracle peut sauver l’Algérie, ce jour là je dirais : je crois au miracle parce que je crois en Dieu parce que je crois en l’Algérie, car elle saura pousser les portes de l’avenir.

 

SourceDjamal Yalaoui
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