Abderrazek Makri et Djilali Sofiane, rattrapés par le Hirak

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Deux figurants de la politique algérienne, sans échos populaire

Par Mehdi Messaoudi

Une semaine après la diffusion des deux documentaires sur le Hirak par les chaînes publiques françaises France5 et LCP, et la vague d’indignation suscitée en Algérie, deux figurants de la scène politique algérienne et membres de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), en l’occurrence le président du MSP, inféodé à la Confrérie des Frères Musulmans, Abderrazek Makri, et le président de l’inexistant parti Jil Djadid , Djilali Sofiane, refont surface non pour s’attaquer à ceux qui ont nui à l’image du Hirak béni, c’est à dire aux forces néocolonialistes, mais pour détourner l’opinion publique sur des thèmes de moindre importance.
Ainsi, Abderrazek Makri, sur les ondes de la subversive et sulfureuse chaîne Awras TV, ex: Al Magharibia, porte-voix du FIS dissous,évoque les assises des RND et FLN, anciens partenaires de son parti, dans l’alliance présidentielle, et leur éventuel retour, au moment, où le porte-parole du président Tebboune, Belaid Mohand Oussaid, ait remis les pendules à l’heure, en affirmant que le président élu, par le peuple n’a aucun lien avec le parti du FLN, et qu’il s’était présenté en candidat indépendant pour la présidentielle du 12 décembre 2019.

Abderrazek Makri sait pertinemment que le FLN, a soutenu le candidat malheureux du RND, Azzedine Mihoubi, et tente de se repositionner sur les ruines des deux formations politiques; via des déclarations loin d’être innoncentes, et qui se versent dans le sillage de la stratégie des mouvements ayant détournés les différents Hiraks qu’ont connus les pays arabes.

Le MSP, à l’instar des mouvements inféodés à la Confrérie des Frères Musulmans en Egypte, Tunisie, Maroc, Yémen, tentent de s’approprier le pouvoir, conformément au plan américano-sioniste, bien véhiculé par les ONG internationales au nom du respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression, et  de la pratique religieuse. Il est à rappeler, que Makri avait soutenu le prolongement d’un quatrième mandat et avait l’intention de se présenter à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, mais son parti jugeait ses chances minimes pour gagner la joute électorale.

Aujourd’hui, avec l’annonce du projet de la constitutionnalisation du Hirak, et la fin de l’instrumentalisation de l’idéologie des constantes du peuple algérien comme la religion et la langue, Abderrazek Makri a peu de chance de résister au vent du changement pour l’édification d’une nouvelle république basée sur l’économie des connaissances et le bannissement du commerce politique des constantes.
Idem pour Djilali Sofiane, qui sort une semaine après sa réception au Palais d’El Mouradia, pour annoncer aux algériens, qu’il avait plaidé la cause de libération de Karim Tabbou  et Samir Benlarbi, en leur octroyant injustement le statut de principales figures du Hirak, car le mouvement en question est l’oeuvre de tout un peuple qui refusera le diktat d’El Isaba, de l’Etat profond, et refusera encore que le pays du million et demi de martyrs soit la risée du monde, via cette sinistre image du portrait.
Pourquoi Djilali Sofiane, ne parlait pas des autres détenus? pourquoi focalise-t-il uniquement sur Karim Tabbou et Samir Benlarbi?

Il est certain, que sa réception au Palais d’El Mouradia, a été mal accueillie par ses employeurs, et même le porte-parole de la Présidence, Belaid Mohand Oussaid, sans le discréditer totalement, avait indiqué que les requêtes de Djilali Sofiane seront examinées dans le cadre de l’application de la loi.

Il convient de rappeler, que Djilali Sofiane, membre très controversé du CNCD, avait été récompensé par les américains par ce qui est appelé le prix des “Leaders de la démocratie” à Washington », pour une oeuvre fictive, que les algériens n’ont pas vu.
Sur ce plan, le chercheur et auteur algérien Ahmed Bensaada écrit “Il y a des matins comme ça. On se réveille et la première information qu’on lit sur notre téléphone nous laisse perplexe. On écarquille les yeux pour être certain de bien comprendre ce qui est écrit. On se replonge sous l’oreiller histoire de se prouver qu’on est encore entre les bras de Morphée. Mais non, on est bien éveillé. On tape alors quelques mots-clés afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une fake-news et on se rend compte que la même info clonée est étalée, affichée et répandue sur tous les médias nationaux: El Watan, Liberté, Le Matin, Reporters, L’Expression, TSA et j’en passe. Un vrai buzz médiatique!”

Voire https://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=503:2019-10-25-00-09-50&catid=46:qprintemps-arabeq&Itemid=119

Ceci dit, les deux figurants de la politique continuent de nager à contre-courant du véritable Hirak, celui d’en finir avec l’Etat profond constitué de partis allégeance et fausse opposition, sans ancrage populaire, et la crise sanitaire est là pour confirmer cette approche