Ahmed Bensaada, A-t-il déjoué le complot de ces officines américaines ?

0
311
Ahmed Bensaada, A-t-il déjoué le complot de ces officines américaines ?

Par Tarek Benaldjia

Dans les faits, l’occident ne peut pas intervenir en Algérie sans bonne raison. À part si, bien sûr, des citoyens sont violemment réprimés par l’armée ! C’est une des caractéristiques qui fonctionne le mieux à l’avantage de la guerre hybride. Tout peut donc dépendre du plan d’action adopté en conséquence par les stratèges des deux institutions, les Affaires étrangères et la Défense nationale.

Si nous ne percevons pas notre géographie dans son ensemble, si nous ne pouvons pas intégrer ce qui se passe dans l’arène mondiale comme un calcul complexe d’une force de frappe comparable à celle d’une puissance redoutée , si nous n’accélérons pas nos revendications et ne construisons pas la force nécessaire adaptée à toutes les situations, si nous ne transformons pas notre langage politique, notre langage de sécurité en conséquence, nous serons les perdants de ce siècle !

Le feu Ahmed Gaid –Salah n’avait-il pas déclaré dans un discours télévisé: Nous avons déjoué un complot visant à détruire le pays Nous savions, dès le début de la crise, qu’un complot se tramait en secret contre l’Algérie et son peuple, nous avons dévoilé ses tenants et aboutissants au bon moment, de même que nous avons élaboré une stratégie efficiente exécutée par étapes, conformément à ce que nous permettent la Constitution et les lois de la République.

Nous voyons cela aujourd’hui s’appliquer dans les traductions des généraux, officiers supérieurs, ministres, chefs d’entreprises et de partis politiques….pour des chefs d’inculpations qui leurs sont reprochés et contre eux : Conspiration avec l’ennemi, l’opposition contre les autorités légitimes; Accord secret entre plusieurs personnes hostiles au pays pour renverser le pouvoir établi. Heureusement L’État-major de l’armée était là est a pu identifier ce jeu et a réalisé ce qu’il prévoyait.

Quoi ?

Les indices ne manquent pas dans la crise algérienne qui font furieusement penser à une opération de «Changement de régime »  connu sous l’appellation  (Hirak), dont les occidentaux sont particulièrement friands (révolutions colorées, Ukraine, Libye, Printemps arabes, Syrie, Venezuela, Brésil…..), qu’ils réussissent parfois (Maïdan, Libye, Brésil) et dont ils gardent jalousement «les secrets de fabrication».

Il y a, bien-sûr, les déclarations enflammées, à l’attention du peuple algérien, de l’inénarrable BHL qui constituent, à elles toutes seules, un marqueur indiscutable qu’une opération de «Regime Change» est en cours. Il faut se souvenir de son engagement constant et toujours théâtral dans ce type d’opération : Bosnie, Kosovo, Libye, Maïdan, révolutions colorées, Syrie, et même Venezuela dernièrement… etc.

Ses appels à la révolution (chez nous) relèvent désormais du grand classique autant que du meilleur comique troupier. Elles pourraient même devenir contre-productives en révélant, à l’avance, le dessous des cartes aux observateurs les plus avertis.

Il y a aussi la teneur des déclarations des grands leaders de la coalition occidentale sur cette affaire algérienne, qui montre clairement, jour après jour, qu’ils apprécieraient un changement de gouvernance en Algérie et l’avènement d’un nouveau pouvoir qui leur serait plus favorable. A chacun de s’y référer et d’interpréter les propos tenus.

Il y a, encore, la lecture des journaux du quarteron d’États dirigeant « la coalition occidentale ». L’ampleur, la teneur et le ton des réactions médiatiques sur ce qui devient, peu à peu, la «crise algérienne» et qui pourrait être baptisé dans quelques jours: «le printemps algérien», sont particulièrement révélateurs. La lecture du New York Time et du Washington Post aux USA, du journal Le Monde et des reportages de BFMTV et France24, des journaux israéliens, Haaretz et Jérusalem post, est édifiante et facile à décrypter pour un citoyen éveillé.

Enfin, il y a la méthode, les techniques et les moyens utilisées pour organiser un chaos de plus ou moins de grande ampleur, préalable indispensable à l’avènement d’un nouveau régime. Ils constituent également de précieux indices.

Comment ?

Pour ce faire, « les puissances mondiales » avec l’aide de leurs officines secrètes s’appuient sur une diaspora algérienne nombreuse et fortement influencée par les médias « mainstream » occidentaux pour chauffer à blanc l’opinion et la rue.

Comme dans toutes les opérations de «Hirak», il faut, pour réussir, respecter plusieurs règles de base et disposer de gros moyens financiers:

1 – Choisir le bon moment pour déclencher l’opération ;

Le bon moment, c’est celui où le régime auquel on s’attaque est fragilisé (crise économique ou sociale, gouvernance usée et affaiblie, population divisée). Une échéance électorale peut constituer une excellente opportunité permettant d’éviter trop de dommages collatéraux pouvant aller jusqu’à la guerre civile…

2 – Diaboliser le camp à abattre, puis promouvoir celui qu’on veut aider à triompher ;

3– Corrompre un maximum de politiques, d’organisations d’influence, d’hommes importants dans l’appareil d’état (Armée, Justice, élus….) ;

4– Utiliser les moyens modernes de communication et d’échange entre les citoyens.

Facebook et Twitter, outils sous contrôle occidental, sont utilisés au maximum pour manipuler et chauffer les foules et pour organiser très rapidement de grands rassemblements protestataires. Là encore, il s’agit de méthodes expérimentées avec succès par « NED (2)».

Ceux qui contrôlent ces opérations «numériques» ne résident pas toujours dans le pays objet de l’ingérence. L’opération peut être contrôlée à partir du territoire d’un pays occidental (généralement des officines étasuniennes) Il suffit de disposer d’un groupe d’individus de bon niveau maîtrisant parfaitement la langue du pays objet de l’ingérence. Ces individus existent évidemment en grand nombre dans la diaspora algérienne mais aussi dans la diaspora du camp de l’ennemi. De telles actions contrôlées à partir de l’étranger ont déjà été observées dans les cas tunisien, libyen et égyptien…

Ces opérations numériques constituent un complément utile et efficace à l’action des médias traditionnels (TV et journaux mainstream) qui agissent en meute, avec une belle unanimité, ce qui n’a rien d’étonnant lorsqu’on connaît la connivence de leurs propriétaires et les règles de « la guerre de l’information ».

Le Complot dévoilé Par Ahmed Bensaada

Le contexte actuel est donc l’un des plus sensibles qu’il puisse y avoir avec les acteurs en présence. Ces nombreux points communs peuvent laisser penser qu’ils jettent de l’huile sur le feu ! Ils mènent une politique secrète de déstabilisation d’Algérie.

Il s’agit d’organiser d’abord le lâchage du régime en place et dans un deuxième temps le soutien du candidat à promouvoir : encore une méthode éprouvée de la  «NED (2)» Prenant par exemple l’idée précise  née d’une déclaration du sociologue Lahouari Addi qu’il a énoncée ainsi, moins d’un mois après le début du Hirak:

Pourquoi donc ce triumvirat « Mustapha Bouchachi, Zoubida Assoul et Karim Tabbou devraient être sollicités pour exercer les prérogatives d’une présidence collégiale qui nommera un gouvernement provisoire qui gérera les affaires courantes et préparera les élections présidentielle et législative dans un délai de 6 à 12 mois. » Il est évident que Lahouari Addi, Mostefa Bouchachi et Zoubida Assoul ont tous eu des accointances avec des intérêts étasuniens.

Lahouari Addi a donc évoqué un scénario, c’est-à-dire un récit parfaitement charpenté, pour conduire une révolution et un changement de régime en Algérie. Et ce scénario, qui vient de loin, de très loin, Bensaada en décortique les différentes phases et, surtout, rend visibles ces acteurs politiques, promus à la tête du hirak. Qui sont, finalement, ces maîtres du mouvement populaire des marcheurs adoubés par Lahouari Addi. Et qui est Lahouari Addi ? Au nom de quelle instance caverneuse s’exprime-t-il ?

Il est tout à fait clair, qu’il est inacceptable que pour un mouvement qu’on prétend sans leader, un triumvirat soit proposé aussi rapidement. Sur quels critères ces personnes ont-elles été choisies? Des sondages d’opinion ont-ils été organisés? Ces personnes se connaissaient-elles avant le Hirak? De quelle prérogative a usé M. Addi Lahouari pour mettre en avant certains noms et pas d’autres? Sinon de ces officines américaines (1)

Ceux qui s’ingèrent sont ceux qui y ont un intérêt et qui en ont les moyens. Ils s’appuient très habilement sur la triple opportunité qui leur est offerte : l’usure du pouvoir en place et de son chef, l’indéniable crise économique et sociale imputée à la gouvernance du président élu, et l’échéance électorale prévue par la Constitution. Ils s’appuient aussi sur les moyens techniques (réseaux sociaux), et les moyens financiers et humains dont ils disposent.

Pour savoir qui aura gagné de la coalition occidentale ou de l’axe  « Algérie Novembriste », il sera très utile d’étudier le passé, les soutiens et l’entourage de l’homme qui émergera lorsque le régime en place aura passé la main … Il sera très instructif d’observer les premières mesures prises par le nouveau pouvoir. Une normalisation des relations avec le Maroc et un rapprochement avec les pays du Golfe constitueraient des indices intéressants.

Je ne pense évidemment pas qu’on aille jusqu’à une normalisation des relations avec Israël, à une visite officielle à Tel Aviv ou à l’établissement d’une ambassade d’Algérie à Jérusalem. Pour les non initiés, ces trois derniers gestes ont été observés dans le «Hirak» brésilien et indiquent de manière claire le rôle éminent joué par la diaspora pro-israélienne au Brésil dans l’affaire Bolsonaro. Ce rôle existe aussi dans l’affaire Vénézuélienne, si l’on en croit les promesses enflammées de Guaïdo de transférer son ambassade à Jérusalem, s’il parvient à prendre le pouvoir. Ce genre de promesses a l’immense intérêt de désigner clairement les sponsors financiers du président élu brésilien et du « président autoproclamé » du Venezuela et d’expliquer le soutien de la « coalition occidentale » à ce « front d’intervention international »

En conclusion, vous l’aurez compris, je ne crois pas à la spontanéité de tous les événements qui agitent aujourd’hui la rue algérienne. Ils ont l’organisation, l’information, la connaissance des enjeux stratégiques, le savoir faire et ont eu le temps de préparer leur affaire pendant quelques années. Aucun des deux grands camps qui s’opposent aujourd’hui dans le monde ne peut être indifférent à ce qui se passe en Algérie.

Tout indique qu’un « chef d’orchestre » est à la manœuvre ! L’ingérence de ces officines américaines (1)  y est donc plus que probable. Le contraire serait surprenant.

Bien sûr, les tenants du clan «étasuniens» vont hurler «au complotisme » à la lecture du livre « Qui sont les ténors autoproclamés du Hirak algérie » d’Ahmed Bensaada. C’est une technique désormais bien connue pour discréditer les individus dont les points de vue s’écartent des principes généreux du 1° Novembre 54. Mais cela n’empêchera pas ceux qui réfléchissent encore par eux mêmes de se poser les bonnes questions.

Si les élites politiques de notre société qui sont visées par ces acteurs autoproclamés du Hirak algérien , sous couvert de la révolution de sourire ne sont pas suffisamment qualifiées pour identifier ce type d’agression et organiser une réponse appropriée, la société algérienne elle-même est vouée à une défaite géopolitique écrasante!

Ce qui se passe en Algérie n’est pas seulement grave, c’est une guerre coloniale d’une nouvelle génération non conventionnelle! La menace pour l’État augmenterait si des entités étasuniennes commençaient à travailler ensemble. Car ils offrent une grande variété de services, en commençant par la protection, ce qui les met en concurrence directe avec l’État. Ils prospèrent là où ce dernier est trop faible ou corrompu pour exercer ses fonctions, fonctions qui sont reprises par les gangs. Lorsque c’est le cas, la légitimité échappe à l’État pour aller aux gangs.

Je suis contre les règlements de comptes, mais je pense qu’il faut rendre des comptes. Que la justice fasse son travail d’une manière sereine, pas de complaisance avec qui que ce soit. Ceux dont la responsabilité a été prouvée doivent payer selon la loi qu’ils soient hommes d’affaires ou hommes politiques. Que les choses se fassent d’une manière régulière et sérieuse. La bataille contre la corruption et les corrompus va être dure ».

IL est temps que la vérité l’emporte, il est le temps de placer le droit à l’information, la démocratie et l’éthique au-dessus des intérêts privés. Ceci est la mission que l’axe du « Bien » que doit prendre en ce moment. Comme Il est d’une importance capitale pour la société civile de notre pays de pouvoir poser un mot sur ce danger, qui s’il n’est pas traité peut conduire à la mort ?!

Les traîtres et tous ceux qui nuisent à la terre des Chouhada, seront démasqués et échoueront dans leur sale besogne. Il est certain que tous ceux qui ont foi en le pacte des vaillants Chouhada et leur éternel serment contribueront en toute sincérité au dévouement et à la purification de l’Algérie des inféodés et serviteurs du colonialisme.

L’Histoire se rappellera des soutiens étasuniens aux Hirakistes, groupes intellectuels, groupes de médias algériens ayant perdu leur âme au diable. Hélas, ils considèrent ce mouvement populaire béni comme un outil «d’investissements lucratifs» Oui beaucoup d’entre eux choisissent d’utiliser le Hirak comme un appui où se déroulent des «négociations bon marché» et  outils «d’investissements lucratifs » aux termes desquels les entités corrompues fourniront services à leurs maîtres étasuniens.

Quant à savoir comment va tourner cette affaire, je me garderai bien d’émettre le moindre pronostic. La rue algérienne n’a probablement aucune idée de la manipulation dont elle est l’objet. La gouvernance en place et ses services de renseignements disposent certainement d’informations précises qui peuvent constituer un facteur de force. Mais de là à en déduire qui va l’emporter, c’est encore impossible aujourd’hui.

Dr Ahmed Bensaada serait-il l’homme providentiel tant attendu de tous les braves algériens, pour les libérer du joug de la dictature de ces officines souterraines que sont « les sociétés secrètes américaine (1) » et leur pouvoir occulte : tout comme le fut le peuple juif par Moise ? Personnellement,  j’y crois vraiment qu’il a gagné sa première manche d’une partie de la bataille contre ces officines américaines qui est appelé à se prolonger.

Le mot de la fin:

Des activistes, à la solde d’agences américaines, ne peuvent prendre en otage la sécurité du pays au nom d’une improbable « démocratisation », menée de l’extérieur, ou du chaos. Ahmed Bensaada le martèle, en conclusion de son enquête-vérité : « Le Hirak, qui a été un événement unique et grandiose dans l’histoire de l’Algérie, se doit d’être intrinsèquement algéro-algérien et de ne permettre aucune collusion avec des intérêts étrangers » (p. 66). Il faudra pourtant en finir. Chaque Algérien sensé, de la plus haute autorité de l’État au simple marcheur, devrait lire le travail d’Ahmed Bensaada pour avoir tous les éléments d’appréciation sur les chefs désignés du hirak, qui mettent l’Algérie aux enchères, et sur leurs visées « révolutionnaires ». L’instauration de la démocratie est certes louable, mais elle ne se fait pas avec l’appui et l’assistance de pays étrangers qui travaillent en catimini.

Les mauvaises intentions se manifestent et les orientations de la « NED «se précisent. Il ne restera que le meilleur et le meilleur est celui qui fait preuve de bonne foi envers Allah, la patrie et le peuple. Bonne chance à Ahmed Bensaada.

 

  • Rand Corporation, POMED (Project on Middle East Democracy, qui a attribué un prix, au mois d’octobre 2019, au chef de parti politique Sofiane Djilali, créateur et chef du parti Jil Jadid), Open Society (du milliardaire George Soros, l’IRI (International Republicain Institute), NDI (National Democratic Institute), USAID, Freedom House, WMD (World Movement for Democracy), MEPI (Middle East Partnership Initiative) ; AFL-CIO, etc. Tous ces organismes américains d’exportation de la démocratie possèdent de fieffés superviseurs (ainsi, des universitaires réputés, comme Francis Fukuyama, théoricien de « la fin de l’histoire ») et des budgets colossaux.
  • National Endowment for Democracy. Les satellites de la NED sont bien connus : l’IRI (International Republican Institute), le NDI (National Democratic Institute), le Solidarity Center et le CIPE (Center for International Private Enterprise).

Pour aller plus loin sur ces thèmes, cf, ces liens :

https://algerie54.com/2020/06/30/hirak-ong-7/?fbclid=IwAR23iTN086Kz9wO2RSrUiRMN6rdTyYIAw5E6JD5kpQ8dfpfHOf1gXkn-Eow

https://algerie54.com/2020/06/25/hirak-medias-7/?fbclid=IwAR0DJdHeyl4Qrg5nmEtwOs-aH-agWK2Xy09-POArl5OwUhTzlSX_WG6N0-I

https://algerie54.com/2020/06/12/ong-hirak/?fbclid=IwAR0HEubJ5XE4nZPJPIo27eKXOfW2pG-HLD0FZjQj927ff6oklnH6ehXQDhI

https://algerie54.com/2020/06/04/hirak-ong/?fbclid=IwAR05qv38AqLxn8zaeIfMnb6ODAoOhdroYmm_PQepsODCuwmGQiM_gHvv6MU

http://www.afrique-asie.fr/lahouari-addi-la-ned-et-les-autres-que-nul-nentre-ici-sil-nest-geometre-platon/?fbclid=IwAR3gIqaOzdSvo5EoDgKmsnQFyKHYJTYoRaqN_kOuSBj19ONz81x251i83Z8