K. Drareni un «Larbi Ben M’hidi»: F. Gheras un piètre et impénitent leader d’une gauche en désarroi ?

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Pourquoi la France focalise-t-elle sur Kamel Drareni ?

Par Amar DJERRAD

M. Fethi Ghares, sur une de ses récentes vidéos, en croyant faire dans le purisme et le sensationnel, vient de commettre une erreur manifeste majeure qui non seulement anéantie toutes ses argumentations mais, surtout, peut tromper les jeunes militants de son parti, voire la jeunesse qui le suit !

Il n’est pas à sa première bourde puisqu’il avait déjà émis une vidéo, abusive dans son langage, à la limite de l’outrage ; du vivant de l’ex chef d’état-major. Une vidéo où, se cachant trompeusement derrière le peuple et le Hirak, il nous avait montré, en s’associant à la propagande des valets des pontes, qu’il était du même « Zbel » (en reprenant son mot) que les pontes du pouvoir déchu ! Il fustigeait et interpellait, alors, (feu) Gaid-Salah en personne, alors qu’il savait parfaitement qu’il était le représentant et la voix de l’état-major, que l’Armée n’intervenait que dans les cas de sécurité nationale en conformité avec la Constitution. Avoir « personnalisé » les interventions du Chef d’Etat-major, lors de ses visites d’inspection, c’était faire croire qu’il y avait dysfonctionnement, voire division au sein de l’Armée !

Récidiver avec cette récente vidéo, sur un autre registre, montre qu’il y a incompétence avérée à diriger un parti politique !

Affirmer, tout de go, que Khaled Drareni est le nouveau « Larbi Ben M’hidi » est incongru et inconvenant par rapport aux faits historiques et à la personnalité de ce martyr d’une grande cause, d’une « Algérie algérienne » contre la colonisation française ! Deux figures sans ressemblance ou lien.

Voici pourquoi et comment ensuite nous reviendrons à F. Ghares:

M. K. Drareni est un algérien qui se trouve être un correspondant de médias étrangers sans que cette fonction ne soit contraire à la législation algérienne ou à la morale. Cependant, il s’est avéré, selon le ministère de la communication, qu’il n’est pas accrédité comme l’exige la réglementation comme pour tout journaliste travaillant, dans un pays, pour une chaîne étrangère ! Il « n’a jamais été détenteur de la carte de presse professionnelle prévue par l’article 76 de la loi organique 12-05 relative à l’information du 12 janvier 2012 …Aucune demande n’est parvenue à cet effet aux services compétents de la part de K. Drareni… aucun organe … ayant diffusé ses couvertures … n’a sollicité des autorités compétentes la délivrance de l’accréditation préalable requise … » ; « sa condamnation ne relève pas du libre exercice du métier de journaliste … ». Dans une vidéo, sur berbère Tv, K. Drareni reconnaît et assume avoir travaillé sans accréditation.

Il devrait donc perdre les droits liés à cette condition en exerçant ce métier « au noir ». Sa condamnation par la justice algérienne qui l’accuse « d’incitation à attroupement non armé » et « d’atteinte à l’unité nationale » a suscité réprobation des uns (surtout de certains journaux) et acquiescement des autres sur les réseaux sociaux.

Pour les premiers, il s’agit d’une atteinte à la « liberté d’expression », au « droit d’informer », « au libre exercice du métier de journaliste ».

Pour les seconds, il s’agit d’une personne qui joue double jeu en s’abritant derrière le métier de journaliste tout en activant « négativement en manipulateur au sein du Hirak ».

Les réactions des deux bords :

–  Le SG de RSF Christophe Deloire a tweeté : « Cette décision soulève le cœur et l’esprit par son caractère arbitraire, absurde et violent… fustigeant une « justice aux ordres » et une « persécution judiciaire ».

–  « Comité de soutien » monté par RSF : « Face au caractère absurde, arbitraire et violent de la condamnation et en solidarité avec Khaled Drareni, victime de persécution judiciaire alors qu’il n’a fait qu’exercer son droit à informer en toute indépendance, nous appelons les internautes à remplacer leur photo de profil par le visuel #WeAreKhaled et à manifester leur soutien dans leur fil d’actualité »

–  Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ONG basée aux Etats-Unis : « Les autorités algériennes doivent relâcher immédiatement et sans condition Khaled Drareni, d’autant qu’il n’existe aucune preuve qu’il ait fait autre chose que son métier de journaliste »

  Amnesty rediffuse (ce 16 Août) en remettant au goût du jour une vidéo, datant de 3 mois, d’Edwy Plenel, intitulée « des journalistes du monde entier appellent à la libération de K. Drareni » dans laquelle apparaissent des personnes  exigeant, chacun dans sa langue, sa libération « immédiate et sans condition » !

Rediffusons aussi un extrait de notre article/réponse (datant de 3 mois) à Amnesty et Plenel : Ces journalistes qui se sont prêtés à cette mascarade ne connaissent pas le dossier. Cette vidéo s’ouvre avec Edwy Plenel et se ferme avec Edwy Plenel ! Ils disent « du monde entier » alors que l’on devine qu’ils résident en Europe en particulier en France ! Parmi les intervenants on trouve entre la France l’Italie et l’Espagne, des africains du Soudan, du Tchad, du Togo, du Niger, de Sierra Léone, du Zimbabwe et des arabes de Jordanie, de Bahreïn, du Maroc, des Algériens de France, un argentin et deux Coréens du sud ! En tout « 24 » personnes au lieu de 29, car 5 sont en double ! Une « action-cinéma », criée dans la langue de chacun, montée « en laboratoire » par Plenel et ses amis pour lui donner un semblant de « réaction internationale » ! Ces « journalistes » se sont ingérés, sur commande, dans une affaire de justice d’un pays souverain !

–  Le Parisien : La presse libre et indépendante algérienne perd l’une de ses figures. Le journaliste opposant au régime Khaled Drareni a été condamné ce lundi à trois ans de prison ferme en première instance. … le directeur du site d’information en ligne Casbah Tribune, qui est aussi correspondant en Algérie pour la chaîne de télévision française Tv5 Monde et pour l’ONG Reporters sans frontières (RSF)

–  TV5MONDE « s’étonne et s’indigne de ce jugement très lourd. Il sanctionne un journaliste reconnu qui a toujours réalisé son métier en toute indépendance et au nom du droit à informer.…TV5MONDE, chaîne de la Francophonie qui en porte les valeurs, est engagée dans le comité de soutien qui demande la libération sans attendre de son correspondant. La liberté de la presse dont Khaled Drareni est l’un des portes étendards … correspondant de TV5MONDE et de Reporters Sans Frontières, doit être libéré sans attendre. »

– L’avocat Nouredine Benissad (Président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH): « C’est un verdict très lourd pour Khaled Drareni. Trois ans ‘ferme’. On est surpris. Le dossier est vide ». « Les poursuites étaient infondées. Cela relève du travail de journaliste »

–  Pierre Laurent, Sénateur de Paris, Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées a envoyé une lettre à l’ambassadeur d’Algérie. Il est écrit « …Pour toutes ces raisons je ne peux que partager la demande de mise en liberté de Monsieur Khaled Drareni et de tous ceux qui, en Algérie comme ailleurs, font l’objet de poursuites liées à la mise en œuvre pacifique de leur liberté d’expression…. bien vouloir transmettre ma lettre aux autorités de votre pays.…

A l’opposé :

–   Hani : « Il est correspondant à tv5 monde…pourquoi tv5 monde utilise un activiste politique comme correspondant ? … il n’y a qu’en Algérie où le correspondant est un indigène, en Tunisie ou au Maroc par exemple ce sont des français de souche. Je ne crois pas que ce soit innocent d’arrière-pensées politiques … Je pense qu’ils l’ont utilisé et qu’il s’est senti au-dessus du régime en pensant, à tort, qu’ils n’oseraient pas l’inculper, comme si c’était un diplomate ou un ressortissant étranger, mais ce n’est qu’un simple journaliste. »

–   Amir Safi : « …M. Drareni…a tweeté pour appeler ou relayer des appels aux « Hirakistes » pour sortir du cadre des manifestations du vendredi et même de manifester la nuit … si demain le correspondant d’un journal algérien en France fait un tweet pour encourager les gilets jaunes à manifester hors du cadre des manifestations autorisées, voilà ce qui va se passer :  S’il est de nationalité algérienne, il sera …mis dans le premier avion pour Alger.  S’il est français … il tombera sous le coup de la loi, à savoir l’article 431-9 du Code Pénal français, qui punit de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende …Pour M. Drareni, les autorités ont été plus que bienveillantes …il a reçu … 4 avertissements …M. Drareni prend la mansuétude pour de la faiblesse et il remet le couvert. Cette fois- ci il est … placé sous contrôle judiciaire, et accusé, d’incitation à attroupement non armé. …Pour le 2ème chef d’inculpation, il porte sur des appels à ne pas participer aux élections …un correspondant d’une chaîne étrangère qui appelle à ne pas participer aux élections ? ….M. Drareni a vraiment cru …que la justice est incapable de le punir parce que soutenu par RSF, TV5 ou France 24 et quelques hurluberlus. Il a pensé pouvoir impunément surfer sur la vague du hirak en alternant les casquettes du hirakiste militant, du journaliste « indépendant », ou du correspondant de chaînes de TV étrangères…

–  Nacer : Il bossait pour TV5, RSF et France24 … en se rendant régulièrement à l’ambassade de France … Les médias français tantôt le présente comme victime de la “liberté d’expression” tantôt comme victime en tant qu’activiste du Hirak! Faut choisir ! La justice a sûrement un dossier solide sur lui !…Ce n’est pas un hasard si des personnalités Françaises (dont un sénateur) prennent sa défense avec ce chahut (uniquement lui ?)

Nous souhaitons à Drareni, malgré ses graves incartades graves, une suite de jugement plus clément qui, s’il a lieu, ne sera certainement pas grâce aux pseudo-pressions stériles des milieux hostiles à l’Algérie organisés, autour de ce « Comité De Soutien » (érigé par RSF) des plus équivoques, qui accablent plus Drareni qu’ils ne lui rendent service !  Il n’est pas normal que l’on veuille prétendre aider quelqu’un, poursuivi en justice, en utilisant des qualificatifs vexants comme « relâcher immédiatement », « sans conditions », « sans attendre », « justice aux ordres », « persécution judiciaire » et autres !  Est-ce des choses sensées qui incitent à la clémence, si cette possibilité existe ? Ces « milieux » sont des fossoyeurs qui accablent plus qu’ils n’assistent. Ils vivent aux dépens, du malheur des autres, par opportunisme, si ce n’est pas eux qui le suscitent ; en faisant en sorte que leur malheur dure le plus tard possible pour s’en servir, car ils savent qu’ils sont indignes de confiance ! Leurs agitations arrogantes, leurs manières effrontées, pernicieuses et vexantes, n’auront, ils le savent, aucun effet en Algérie !

Sur la réaction de M. Fethi Ghares, chef du Mouvement Démocratique et Social (MDS) :

Il devrait s’informer avant de balancer, à l’aveuglette, une telle assimilation de personne.  M. K. Drareni n’est ni Ben Mhidi, ni son alter-égo, ni son héritier ! L’idéologie, la politique, la philosophie, l’engagement, les principes de Ben M’hidi (assassiné par l’armée coloniale) est antinomique avec la mission de Reporter Sans Frontières (RSF) (qui emploie M. Drareni) dont Robert Ménard est l’un des principaux fondateurs !

Un Ménard (né à Oran) qui assume le financement de RSF par des ONG dont la NED ; qui partage l’engagement de son père dans l’OAS ; qui publie en 2012 (avec Thierry Rolando) un livre intitulé « Vive l’Algérie française » ; un Robert Ménard, maire, qui déclare, en débaptisant une rue de Béziers pour le nom d’un nostalgique :

« l’Algérie, notre paradis à nous, comme disait et dit toujours ma mère ». « Oser dire que la guerre d’Algérie s’est terminée le 19 mars, ce n’est pas seulement un mensonge, c’est une ignominie, une insulte à la mémoire de tous [jeunes du contingent, harkis] …L’Algérie, ce n’est pas ce qu’un Benjamin Stora ne cesse d’écrire », « Ils ont voulu hier l’Algérie algérienne. Ils ne veulent pas aujourd’hui de la France française », « Non, je ne veux plus que nous soyons dans la repentance… a conclu l’élu, achevant sous les acclamations « Algérie française ». « Le Chant des Africains », rengaine militaire reprise par les partisans de l’Algérie française.

Il se peut que K. Drareni ne sache pas pour quel fondateur de RSF il travaille…quoique ! Il peut toutefois bénéficier d’une indulgence, mais pas pour un responsable d’un parti politique algérien légal qui se déclare anti-colonialiste, anti impérialiste, de la gauche socialiste, qui forme de futurs cadres politiques !

K. Drareni un « Larbi Ben M’hidi » ? Possible, dans les mêmes circonstances et conditions du martyr !

F. Ghares, un responsable d’un parti de gauche qui ignore des faits historiques et récents d’importances qui contredisent ses principes idéologiques est grave ! Il peut être perçu, aujourd’hui, comme piètre et impénitent leader qui ne peut faire dans le progrès et l’innovation !
A.D