Attar: les entreprises doivent travailler sur la base de normes de rentabilité et de profit, ce qui n’est pas le cas

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L’énorme défi pour l’Algérie est de savoir comment préserver ses ressources d’hydrocarbures, sachant que son économie reste dépendante, pour 98 % de leur exploitation, mais également, de trouver les bonnes solutions pour face à l’important problème du sous-emploi.

Observant que, comme le consacre la nouvelle Constitution, ces ressources sont la propriété de la collectivité nationale, le ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar, signale que la préservation de celles prouvées, le gaz et le pétrole en particulier, ont besoin d’être exploités avec intelligence, faute de quoi, dit-il, au bout des dix années à venir « on va avoir des problèmes », l’essentiel étant, désormais, réservé à la consommation intérieure.

 

Intervenant, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio algérienne, il considère que parce que la priorité a été donnée à la consommation intérieure, les Algériens n’auront pas à s’inquiéter pour leur sécurité énergétique, « au moins jusqu’à 2045 ». Mais, prévient-il, du fait qu’environ 96 % de ces ressources sont encore réservées à leur placement sur les marchés à l’étranger, « un beau jour, il va falloir arbitrer ».

Pour préserver et pérenniser ces ressources, le ministre de l’Énergie estime qu’il va falloir en passer par des décisions « courageuses », d’abord, en tentant d’augmenter le niveau des réserves prouvées, et ensuite, en changeant leur mode d’exploitation, notant qu’on y « retire trop, sans tenir compte du taux de récupération ».

Pour, par ailleurs, assurer la transition énergétique, il y a nécessité à développer les économies d’énergie et les énergies renouvelables, des chantiers dont l’invité relève qu’ils accusent beaucoup de retards.

Des réserves d’hydrocarbures prouvées et exploitées, depuis 1952, M. Abdelmadjid Attar signale qu’ils étaient constitués de 2,5 milliards de mètres cubes de gaz et de 1,7 milliard de tonnes de pétrole, dont plus de 50 % du total, rappelle-t-il, ont été consommés à ce jour.

Pour augmenter ces quantités, se pose les nombreux problèmes de financement, Sonatrach, or, déclare-t-il, n’ayant ni les moyens financiers, ni les technologiques complexes pour y parvenir, « on a besoin de partenariats », mais pour cela, souligne-t-il, il y a urgence à finaliser totalement les textes d’application y afférant, ce qui, indique-t-il, pourrait se produire avant la fin de l’année en cours.

Jugeant que comme des entreprises existant dans des pays à l’étranger, les sociétés algérienne devraient travailler sur la base de principes de rentabilité et de profit, le ministre de l’Énergie relève que « ce n’est pas le cas ».

Si pour ce qui concerne le profit, « il n’y a pas de problème », il n’en est pas de même, déclare-t-il, pour ce qu’il en est de la rentabilité. Prenant à ce propos l’exemple de la compagnie Sonatrach, il signale que celle-ci a fait l’objet « d’énormément de pressions », depuis quelques dizaines d’années, « 20 ans ou un peu plus ».

Faute, précise-t-il, pour l’Algérie de n’avoir pas développé de nouvelles richesses, et donc de nouveaux emplois, « on est restés agrippés à la rente. Pour lui, ce n’est donc pas au secteur des hydrocarbures, “ déjà producteur de richesses ” et qui en raison de ses “ sureffectifs énormes, affiche complet ”, qu’il appartient de les créer.

Pour lui, la possibilité de créer de l’emploi dans d’autres secteurs existe, mais en développant des richesses durables tirées, entre autres, de l’agriculture, des énergies renouvelables, des PME/PMI, mais aussi des services.