Inauguration ce mercredi soir de la Grande Mosquée d’Alger

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Inauguration ce mercredi soir de la Grande Mosquée d'Alger

La grande mosquée d’Alger, la troisième plus vaste au monde et la plus monumentale d’Afrique, va être inaugurée mercredi avec une première prière collective.

A la veille de la fête du Mawlid (la naissance de Mahomet), la grande salle de prière pouvant accueillir jusqu’à 120.000 fidèles doit être inaugurée dans la soirée.

La mosquée d’Alger, à l’architecture géométrique et qui s’étend sur 27,75 hectares, ne le cède en gigantisme qu’à la mosquée Al Harâm à La Mecque et à celle du Prophète à Médine, les deux principaux lieux saints de l’islam, en Arabie saoudite.

L’intérieur, au style andalou, est orné de six kilomètres de calligraphies, de matériaux nobles (bois, marbre, albâtre) et de tapis de prière bleu turquoise aux motifs floraux. Ses concepteurs vantent son “identité algérienne”.

Constituant un véritable pôle attractif à caractère religieux, culturel et scientifique, “Djamaa El Djazaïr” se distingue à l’échelle internationale par son minaret, le plus haut au monde, long de 267 mètres, soit 43 étages desservis par des ascenseurs panoramiques

Déployée sur une superficie totale de 27,75 hectares sur le territoire de la commune de Mohammadia, la Grande mosquée d’Alger dispose de 12 bâtiments indépendants dont une grande bibliothèque riche d’un fonds bibliothécaire d’un million de livres et pouvant recevoir 3.500 personnes.

Un centre culturel de 8.000 m2 de superficie, pouvant accueillir 3.000 personnes et une maison du Coran “Dar El Qoran”, d’une capacité de 300 places, dédiée aux étudiants post-gradués algériens et étrangers en sciences islamiques et sciences humaines font partie également de ces bâtiments alliant modernité et authenticité.

Dans le domaine culturel et artistique, la Grande mosquée d’Alger est renforcée par une médiathèque, une vidéothèque, une filmothèque, deux amphithéâtres, un amphithéâtre de 500 places avec salle de projection, une salle de travail d’une capacité d’accueil de 30 à 50 personnes, des espaces de projection, des ateliers d’art et un pôle informatique.

“Djamaa El Djazaïr” abrite aussi une immense esplanade, des jardins de détente, des espaces verts comportant plus de 700 variétés d’arbres, d’arbustes et de plantes, des bassins et des plans d`eau minutieusement aménagés, sans oublier les espaces dédiés à la restauration, aux loisirs, aux commerces ainsi qu’un hôtel de haut standing construit à proximité, disposant de 300 chambres.

L’édifice comprend également un parking de stationnement d’une capacité de 4.000 à 6.000 places construit sur deux niveaux au sous-sol, des blocs administratifs et des postes de protection civile et de sûreté.

A l’intérieur, la Mosquée se démarque par les 618 colonnes octogonales dressées dans la grande salle de prière et décorées de marbre avec des veinures d’un blanc éclatant et par les 6 (six) kilomètres d`écritures calligraphiques, dont certaines ont été gravées sur du marbre et de la pierre avec un système de laser, décorant la salle de prière ainsi que les différents autres espaces du monument.

Le toit de la salle de prière, qui s`élève à une hauteur de 45 mètres, supporte, quant à lui, une immense coupole dorée d`un diamètre de 50 mètres culminant à une hauteur de 70 mètres.

A proximité du mihrab (utilisé par l`imam pour diriger les prières) se trouve le minbar, une sorte d`escabeau en bois de cèdre, d`une splendide sculpture.

Quant au minaret, il comporte 43 étages desservis par des ascenseurs panoramiques permettant d’observer la baie d’Alger et ses environs.

Chaque étage est doté d’un espace fonctionnel dont une aire d`entrée spacieuse, avec un grand foyer, prévu au pied du minaret, un musée et un centre de recherche pour l’art et l’histoire islamiques.

Un haut lieu théologique, culturel et scientifique

Lors d’une récente visite, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a demandé au ministre des des Affaires religieuses et des Wakfs Youcef Belmehdi de mettre en place “une instance scientifique de haut rang” pour l’encadrer.

Nourrissant l’ambition d’être un haut lieu théologique, culturel et scientifique, la mosquée dispose de douze bâtiments indépendants, dont une bibliothèque qui devrait abriter un million de livres.

Y officient cinq imams et cinq muezzins, Selon le professeur  Kamel Chekkat, membre de l’Association des oulémas musulmans algériens, la grande mosquée aura pour tâche de “réguler et d’harmoniser les fatwas avec la vie en Algérie”.

“L’idée est que la grande mosquée soit un lieu où seront combattus tous les radicalismes, religieux et laïcs. Les extrémistes sont les mêmes partout”, souligne-t-il.

“Il y a des gens sérieux qui sont conscients des problèmes actuels: radicalisation, vision obsolète de la religion, qui se posent tant dans nos pays qu’en Occident”, poursuit le théologien.

Un groupe d’études et de recherches pluridisciplinaires, constitué de scientifiques, travaillera sur le texte coranique et “son adéquation avec l’époque et surtout avec la science”, précise-t-il.

Un coût de réalisation de 898 millions d’euros

Le coût global de réalisation de la Grande Mosquée d’Alger qui sera inaugurée le 1er novembre prochain s’élève à 898 millions d’euros, a indiqué le ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane en septembre passé sur les ondes de la radio nationale

“Loin des surenchères avancées ça et là, le véritable coût global des affectations allouées à la construction de ce monument religieux, civilisationnel et politique est de 898 millions d’euros et non 3 milliards”. “Un budget en monnaie nationale a été affecté aux entreprises de sous-traitance ayant contribué à la construction de ce monument”, a précisé le ministre.

La Grande Mosquée d’Alger est dotée d’un système parasismique très performant capable d’absorber plus de 70% de l’accélération du séisme.

Supervisé par l’Agence nationale de réalisation et de gestion de la mosquée d’Alger et sous la tutelle du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs et du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, le projet de la Grande mosquée d’Alger, dont les travaux ont été entamés en 2012, avait été confié à l’Entreprise chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC).