L’Algérie réclame la récupération de “la totalité” de ses archives de la France

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La criminalisation du colonialisme par le peuple algérien ne nécessite pas un texte de loi

Le Conseiller du président de la République en charge des Archives et de la Mémoire nationale, Abdelmadjid Chikhi a indiqué , lundi, que l’Algérie réclamait “la totalité” de ses archives à la France, estimant que “le passé doit faire partie de relations équilibrées” au mieux des intérêts des deux pays.
“L’Algérie réclame la totalité de ses archives dont une grande partie se trouve en France, qui a toujours avancé de faux prétextes, comme par exemple la déclassification de nombre d’archives pourtant réunies depuis plusieurs décennies”, a déclaré M. Chikhi sur les ondes de la Radio nationale.
Evoquant le travail bilatéral avec son homologue français Benjamin Stora sur le dossier des archives, M. Chikhi a indiqué n’avoir, à ce jour, pas commencé à travailler avec M. Stora, “qui m’a contacté par téléphone pour s’excuser de ne pouvoir entamer le travail ensemble en raison d’un rapport demandé par le président Macron sur les étapes et les priorités de ce travail pour la partie française”, a-t-il expliqué.
Le Directeur général des Archives nationales a affirmé, dans ce sens, que “les demandes de la partie algérienne sont claires et ne nécessitent pas de concertations”, ajoutant que “la question est immuable car le passé ne saurait être effacé ou oublié. Nous œuvrons à ce qu’il fasse partie de relations apaisées et équilibrées” à construire au mieux des intérêts des deux pays.
Par ailleurs, M. Chikhi a fait état d'”entraves” au travail de Benjamin Stora évoquant “des parties en France qui cherchent à enterrer le passé et veulent que nous l’oublions”. “Il existe dans la société françaises des associations actives clamant que nous avons volé l’Algérie à la France, et c’est inconcevable”, a soutenu M. Chikhi.
S’agissant d’un recours à l’arbitrage international pour la récupération de ces archives, le Directeur général des Archives nationales a fait savoir que “c’est là, une option risquée pour l’Archive même en ce sens qu’il n’existe pas de partie neutre pour veiller à sa protection, si cette voie est choisie”.
Fustigeant la loi française de 2006 décrétant les archives comme partie du domaine public et stipulant qu’elles sont inaliénables et imprescriptibles, M. Chikhi a qualifié cette mesure de “violation” du principe de non-rétroactivité des lois, d’autant, a-t-il ajouté, que le dossier des archives, objet de négociations, n’est pas encore clos”.
Pour ce qui est des excuses de la France à l’Algérie, M. Chikhi a estimé que ces excuses ne sont pas quelque chose d’impossible, si nous considérons leur intérêt dans le cadre du dossier de la mémoire affirmant qu’il faut regarder vers l’avenir même si les plaies restent douloureuses et qu’il est difficile d’oublier les crimes de la France coloniale.
Concernant la poursuite de l’entreprise de récupération des restes mortuaires des chouhada algériens conservés en France, M. Chikhi a réitéré la détermination du Président de la République Abdelmadjid Tebboune à rapatrier tous les restes et crânes des héros de l’Algérie, soulignant l’absence d’un nombre exact.
En juillet dernier, l’Algérie a récupéré les restes mortuaires de 24 résistants algériens restés 170 ans conservés au Musée d’histoire naturelle de Paris.
Le président de la République avait alors souligné la détermination de l’Etat algérien à “poursuivre l’opération jusqu’au rapatriement de l’ensemble des restes des résistants algériens pour qu’ils soient enterrés sur la terre pour laquelle ils se sont sacrifiés”.