Le Président Tebboune, fragilisé par son entourage ?

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Le Président Tebboune, fragilisé par son entourage ?

De nombreux algériens ayant cru au projet  du président Tebboune, et qui ont exprimé leur soutien avec lui en 2017, lorsqu’il était sorti devant les caméras des chaînes de télévisions algériennes, pour dénoncer El Isaba, et clamer haut et fort la nécessité de séparer le pouvoir de l’argent de celui de la politique.

Qu’en reste-t-il de l’engouement suscité par celui qui se considérait comme le premier hirakiste ? Pour beaucoup d’algériens, rien n’a changé depuis la chute de l’option du 5ème mandat, et la chute de l’OPA d’El Isaba sur le devenir de l’Algérie. L’option de la stabilité constitutionnelle, et l’organisation de la présidentielle du 12 décembre 2019, ont évité à l’Algérie de sombrer dans l’inconnu et des périodes de transition qui n’auguraient rien de bon pour le pays, sauf le remake du scénario des années 90, et la politique des quotas qui avait montré ses limites, en ce qui concerne la sortie de crise. L’élection présidentielle était une option plus réaliste, permettant le retour à la volonté du peuple.
La victoire de l’urne, ayant permis l’intronisation d’Abdelmadjid Tebboune, ouvrira la voie à l’optimisme, et au retour à l’instauration d’un Etat-Nation, via cette Nouvelle Algérie, tant espérée.

Qu’en est-t-il depuis ?

Il est vrai que la période d’intronisation d’Abdelmadjid Tebboune coïncidera avec la crise sanitaire planétaire, ligotant à priori le champ d’action de celui qui incarnait la rupture avec les pratiques du système Bouteflika, et sa maladie et son hospitalisation n’ont pas arrangé les choses. Au contraire, sa période d’absence a été bien ficelée par ses détracteurs pour réoccuper le terrain et paralyser le pays, via leurs puissants réseaux, très actifs dans les administrations et les pôles de production et de services, comme c’est le cas pour la gestion de l’électricité, l’eau et les soins.

Où sont passés les hommes du président ?

Aujourd’hui, personne ne peut nier les limites de l’action du gouvernement Djerad, dont la rentabilité et la performance se limitaient à certains ministres entreprenants, comme ceux des affaires étrangères, la transition énergétique et la communication, bien conscients des défis et des menaces qu’encourent l’Algérie, liés à l’après Covid-19, l’avancée technologique et la nouvelle géopolitique qui se dessine.
Pour beaucoup d’observateurs, le président Tebboune, est soit mal conseillé, soit mal entouré, une approche confirmée par le retour sur scène des sbires d’El Isaba, à travers ses proches conseillers.

Tebboune, trahi par ses conseillers ?

Sur ce registre, il est inconcevable, de voir le président Tebboune accueillir, au siège de la Présidence de la république, un parti non agréé, ou des représentants de la société civile, affiliés, il y a si peu de temps à l’avant-garde de l’oligarchie, qui ne lésinait pas sur les moyens, pour s’attaquer au président Tebboune lui-même en 2017, lorsqu’il était Premier Ministre.

Quel rôle a joué Nazim Beramdane ?

Le Conseiller du président, chargé de la société civile et de la communauté algérienne à l’étranger, Nazim Beramdane, ancien député, démissionnaire, du MPA d’Amara Benyounes, qui soutiendra le candidat du RND, Azzedine Mihoubi, lors de la présidentielle du 12 décembre 2019, s’illustre de plus en plus par des sorties populistes nuisibles à la feuille de route du Président Tebboune. Tout d’abord, l’ancien militant du MPA, d’Amara brillera par son absence durant toute la période de l’absence du président du 28 octobre 2020, jusqu’au 14 décembre de la même année, juste après le fameux tweet du président, diffusé à partir du lieu de son hospitalisation en Allemagne.
Puis, Nazim Beramdane poursuivra son plan en piochant dans les associations satellites, inféodées aux partis du FLN et RND, pour assoir sa « société civile » qui n’a rien à avoir avec l’approche du Président, prônant une société civile débarrassée des diktats des partis politiques et administration.

Nazim Beramdane ira plus loin, en nous annonçant la création de ce qui est appelé « alliance de l’appel de l’Algérie », dont on ne sait si c’est un parti politique, ou un mouvement de la société civile. Pire encore, l’appellation, est revendiquée par Ali Benouari, un proche de Rachad, et des officines à l’origine de la déstabilisation de l’Algérie. Dans le même sillage, Beramdane a été l’hôte d’une association à Oran, ayant signé la pétition, à l’origine de la résolution du Parlement Européen condamnant l’Algérie, sur le registre des droits de l’homme le mois de novembre dernier.
L’audience accordée par le président Tebboune, à des porte-voix d’El Isaba, il y a si peu de temps, nous donnera le droit de s’interroger, où va l’Algérie de Tebboune ? t Où sont les 54 engagements visant la rupture avec l’ancien système ?

Il est clair, que l’Algérie n’est pas encore sortie du tunnel d’El Isaba, et l’ébullition suscitée par la prochaine législature, confirme la « chimère » imposée par des conseillers, comme Beramdane, dont la stratégie sombrer le pays dans le chaos de la médiocrité et l’incompétence. Aujourd’hui, des centaines de jeunes et moins jeunes algériens aspirent à investir le champ politique, mais maladroitement, car faire la politique, ce n’est pas courir derrière un siège dans une assemblée par n’importe quel moyen et pour n’importe quel prix. La politique est une culture, et ne se limite nullement à remplir les formulaires de candidatures, ou à bénéficier du statut social ou de l’appartenance tribale. Beaucoup de nos jeunes se voient déjà dans l’hémicycle de l’APN, légiférer les lois de la république, sans détenir le profil approprié pour de telles missions.
Pour ne pas dénigrer «  Karnaval Fi Dechra », c’est le temps de la kermesse de Beramdane et consorts, loin de la Nouvelle République promise par le président Tebboune. A bon Entendeur. Salut !