Sahara Occidental : Le Makhzen à la recherche de l’internationalisation du conflit

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Sahara Occidental : Le Makhzen à la recherche de l’internationalisation du conflit

Isolé sur la scène internationale au sujet de la « marocanité » des territoires sahraouis occupés, malgré le « tweet » de Donald Trump, sans valeur juridique légale, et échouant à détourner l’opinion publique marocaine sur ses réels problèmes socioéconomiques, et à le convaincre de sa normalisation avec l’entité sioniste, le palais Royal tente aujourd’hui d’internationaliser le conflit du Sahara occidental, en usant de ses relais politico-médiatiques.

Ainsi, et après, l’annonce de l’ouverture de deux succursales du parti du président français Emmanuel Macron, LREM à Agadir, et Dakhla, ville sahraouie occupée, et l’ouverture d’un consulat du Sénégal à Layoune Occupée, le Makhzen, via ses réseaux médiatiques annoncent par la voix de l’ambassadeur de ce qui reste du Yémen, Azzedine Said  Al Asbahi, que l’Iran tente de généraliser le modèle Houthi, en armant le Polisario.

L’ambassadeur yéménite à Rabat Azzedine Said Al Asbahi

Le diplomate yéménite salue le recours du Maroc à la rupture de ses relations avec l’Iran qui l’accuse d’exporter sa révolution, une chanson consommée bien véhiculée par les monarchies du Golfe et l’entité sioniste. Cette dernière devrait consolider sa présence au Maroc, en se référant aux déclarations de ce diplomate, en évoquant la menace iranienne, sachant que le Maroc avait fait partie de l’alliance militaire de l’agression contre le peuple yéménite, dirigée par l’Arabie Saoudite, et soutenue par les Etats-Unis d’Amérique et l’entité sioniste.

L’attitude marocaine d’internationalisation du conflit, intervient à quelques jours de la tenue d’une réunion cruciale du Conseil de sécurité de l’ONU, au sujet du Sahara Occidental, sachant que la nouvelle administration américaine avait annoncé par la voix de son Secrétaire D’État Blinken, que Washington, soutenait l’application des résolutions onusiennes, prônant l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.
Il est à rappeler, qu’un diplomate ancien ambassadeur yéménite ; en Malaisie, Dr Hussein Bahamid Al-Hadrami, avait clairement indiqué il y a quelques mois que “le Maroc n’a aucune souveraineté sur le Sahara occidental, selon les décisions des Nations Unies et de la Cour internationale de justice de La Haye”.

Dans une déclaration au site d’information mauritanien “Nouadhibou News”, Dr. Hussein Bahamid Al-Hadrami avait laissé entendre que «En ce qui concerne le Sahara occidental, il leur suffit que les Nations Unies et la Cour de La Haye les reconnaissent, tout en étant l’un des fondateurs de l’Union africaine”.

“Si le Sahara occidental était marocain, au début de son occupation le Maroc n’aurait pas accepté de le partager avec la Mauritanie, avant que cette dernière ne s’en retire, et le système du Makhzen n’aurait pas suggéré l’autonomie”, a souligné le diplomate yéménite.

En ce sens, l’ancien ambassadeur a estimé que “le régime marocain n’aurait pas rejeté le référendum s’il avait la certitude que le Sahara occidental est marocain, et que son occupation se poursuit grâce au soutien français, ainsi que de la diaspora juive marocaine en Israël”.

“Où étiez-vous lorsque les Sahraouis se battaient seuls contre les Espagnols avant la malheureuse conférence de Madrid qui ressemblait à la Déclaration Balfour?”, s’est interrogé le diplomate yéménite, en s’adressant aux défenseurs de l’occupation et du colonialisme. “L’Espagne vous a donné le Sahara occidental, comme punition pour les Sahraouis, en échange de prendre environ 35% des revenus des minéraux du Sahara occidental et d’exploiter leurs mers pour toujours et d’abandonner Ceuta et Melilla”, avait-t-il martelé . Bahamid Al-Hadrami a également rappelé que “Mustafa El Sayed El Wali avait contacté Allal El-Fassi, demandant l’aide du Maroc aux Sahraouis dans leur lutte pour l’occupation espagnole, et il a refusé pour ne pas être hostile aux Espagnols

Tout en décrivant la décision de “crise passagère, il l’a expliquée par “la diffusion par Al Arabia, chaîne du pouvoir saoudien, d’un documentaire sur le Sahara Marocain dans lequel l’intégrité territoriale du royaume est mise en doute”.

Il convient de rappeler, que le Maroc avait rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran, le premier mai 2018, qu’il avait accusé d’avoir facilité la livraison d’armes au Front Polisario par l’intermédiaire de son allié du Hezbollah libanais. Rabat avait déjà rompu ses relations avec Téhéran entre 2009 et 2014.

 

 

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