Le putsch des généraux français à Alger, le 22 avril 1961, de retour à Paris

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Le putsch des généraux français à Alger, le 22 avril 1961, de retour à Paris

Par Tarek Benaldjia

Publiée la semaine dernière dans Valeurs Actuelles, une lettre ouverte signée de plusieurs centaines d’anciens militaires, dont plus d’une vingtaine de généraux, a provoqué de nombreuses réactions.

La ministre des Armées Florence Parly a dénoncé ce texte « signé par des militaires à la retraite, qui n’ont plus aucune fonction dans nos armées et ne représentent qu’eux-mêmes » et s’en prend, dans Libération, à Marine Le Pen pour son soutien à cette lettre. Jean-Luc Mélenchon a parlé d’une « stupéfiante déclaration de militaires s’arrogeant le droit d’appeler leur collègue d’active à une intervention contre les islamo gauchistes ».

Soixante ans, presque jour pour jour, après le putsch des généraux français à Alger, le 22 avril 1961 (1), le fantasme d’une prise de pouvoir par l’armée agite l’extrême droite et fait frémir la gauche. Tout commence mercredi 21 avril avec la publication sur le site de Valeurs actuelles sobrement intitulé « Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme ».

Sobre, le contenu de cette lettre ouverte l’est nettement moins : « Nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation. Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles ».

Inspiré de la littérature d’extrême droite, ce texte est signé par vingt-quatre généraux et plusieurs centaines d’officiers, sous-officiers et militaires du rang. Tous les généraux en question ont quitté le service actif, certains depuis très longtemps. Marine Le Pen a apporté son soutien à cet appel : « Je partage vos analyses » et « je vous invite à vous joindre à nous » pour la campagne présidentielle, écrit la présidente du RN dans Valeurs actuelles.

 

Florence Parly répond à Marine Le Pen après son soutien à la tribune

La ministre française de la Défense, Florence Parly, a qualifié d’« irresponsable » la tribune d’un groupe de soldats, dont des généraux à la retraite, mettant en garde le président Emmanuel Macron contre un « délitement ».  

La ministre française de la Défense, Florence Parly, a qualifié d’« irresponsable » la tribune d’un groupe de soldats, dont des généraux à la retraite, mettant en garde le président Emmanuel Macron contre un « délitement ».

Dans un communiqué publié sur Twitter après la réaction de l’opposition de gauche contre le silence du gouvernement au sujet de la tribune, Parly a fait savoir que « Ce texte irresponsable a été signé par des militaires à la retraite qui n’ont aucune fonction dans l’armée et n’ont aucun pouvoir de représentation ».

Notant que les principes inébranlables de neutralité et de loyauté ont toujours guidé les actions des militaires contre la politique, Parly a également réagi à l’invitation de Marine Le Pen, chef du parti d’extrême droite Rassemblement national (RN), appelant les soldats qui ont signé la tribune à se joindre à elle.

« Les déclarations de Le Pen montrent qu’elle a sérieusement mal compris l’establishment militaire. C’est assez alarmant pour quiconque veut être le chef de l’armée. La politisation de l’armée proposée par Le Pen affaiblit la France. Et elle existe pour protéger le peuple français » a-t-elle relevé.

Des soldats, dont 20 généraux à la retraite et des officiers retraités et actifs, ont publié une tribune sur le site Valeurs Actuelles, faisant état d’un chaos croissant dans le pays et avertissant le président Macron que si « ce chaos n’était pas empêché, une guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers ».

Le Pen invite les généraux auteurs d’une lettre mettant en garde Macron, à rejoindre sa campagne

Dans une lettre, d’anciens généraux et militaires ont mis en garde le président Emmanuel Macron contre les dangers imminents de la haine dus aux tensions sociales, à l’extrémisme religieux ou à une situation de guerre civile à l’avenir.

Marine Le Pen a répondu à la tribune signée par 20 généraux publiée sur le site d’extrême-droite Valeurs actuelles.

La chef de l’opposition d’extrême droite, Marine Le Pen, a invité les militaires retraités à rejoindre sa campagne à l’élection présidentielle de 2022.

« Une exhortation ne peut suffire à sortir le pouvoir de ses coupables habitudes », a-t-elle lancé.

Elle affirme que les très récentes déclarations du président de la République sur son projet de « déconstruire l’histoire de France », nous démontrent, en effet, que ces dérives dommageables ne procèdent pas d’un moment d’égarement mais d’une direction politique mue par des considérations idéologiques fondamentalement corruptrices.

Elle ajoute que les inquiétudes exprimées par les généraux avec courage ne peuvent rester au stade de l’expression d’une indignation. Elle exige en démocratie, la recherche d’une solution politique qui doit se concrétiser par un projet d’alternance qui a vocation à être validé par le suffrage des Français, souligne-t-elle.

« Je vous invite à vous joindre à notre action pour prendre part à la bataille qui s’ouvre, qui est une bataille certes politique et pacifique, mais qui est avant tout la bataille de la France », a-t-elle conclu.

Texte intégral de la tribune publiée par des militaires haut gradés dans Valeurs Actuelles :

Par Jean-Pierre Fabre-Bernadac
Publié le 21 avril 2021 à 7h00 Mis à jour le 22 avril 2021 à 12h25

« Pour un retour de l’honneur de nos gouvernants » : 20 généraux appellent Macron à défendre le patriotisme
À l’initiative de Jean-Pierre Fabre-Bernadac, officier de carrière et responsable du site Place Armes, une vingtaine de généraux, une centaine de hauts-gradés et plus d’un millier d’autres militaires ont signé un appel pour un retour de l’honneur et du devoir au sein de la classe politique. Valeurs actuelles diffuse avec leur autorisation la lettre empreinte de conviction et d’engagement de ces hommes attachés à leur pays.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs du gouvernement,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,

L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.

Nos drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots « Honneur et Patrie ». Or, notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie.

– Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui, certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais à travers ces termes c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

– Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or, chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas.

– Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.

Les périls montent, la violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or, nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.

Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.

Comme le disait le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation.

Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

On le voit, il n’est plus temps de tergiverser, sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers.

Les généraux signataires :

Général de Corps d’Armée (ER) Christian PIQUEMAL (Légion Étrangère), général de Corps d’Armée (2S) Gilles BARRIE (Infanterie), général de Division (2S) François GAUBERT ancien Gouverneur militaire de Lille, général de Division (2S) Emmanuel de RICHOUFFTZ (Infanterie), général de Division (2S) Michel JOSLIN DE NORAY (Troupes de Marine), général de Brigade (2S) André COUSTOU (Infanterie), général de Brigade (2S) Philippe DESROUSSEAUX de MEDRANO (Train), général de Brigade Aérienne (2S) Antoine MARTINEZ (Armée de l’air), général de Brigade Aérienne (2S) Daniel GROSMAIRE (Armée de l’air), général de Brigade (2S) Robert JEANNEROD (Cavalerie), général de Brigade (2S) Pierre Dominique AIGUEPERSE (Infanterie), général de Brigade (2S) Roland DUBOIS (Transmissions), général de Brigade (2S) Dominique DELAWARDE (Infanterie), général de Brigade (2S) Jean Claude GROLIER (Artillerie), général de Brigade (2S) Norbert de CACQUERAY (Direction Générale de l’Armement), général de Brigade (2S) Roger PRIGENT (ALAT), général de Brigade (2S) Alfred LEBRETON (CAT), médecin Général (2S) Guy DURAND (Service de Santé des Armées), contre-amiral (2S) Gérard BALASTRE (Marine Nationale) »

Nota : beaucoup d’autres militaires ont signé cette lettre, pas seulement des généraux …(1) Maurice Vaïsse, « Le putsch d’Alger », Odile Jacob, 2021.